DISCOURS DE MARIE-CLAIRE DUPRAT LORS DE L’AUDIENCE SOLENNELLE DE RENTREE DU CONSEIL DES PRUD’HOMMES

 

Après vous avoir donné lecture des statistiques annuelles, je souhaiterais vous dire que l’institution des prud’hommes est à mon avis, d’une importance capitale dans la société française.
Institution originale, paritaire et élective, sa spécificité en fait un tribunal atypique mais ô combien important.
Avant d’être des juges du travail, nous sommes des acteurs de l’entreprise et qui d’autres que nous la connaissons aussi bien dans son fonctionnement, ses règles et ses codes…
C’est la raison pour laquelle nous avons avant  tout un rôle de régulateurs et de modérateurs, si importants dans un monde où prévalent tant d’excès et où, médiatisation et urgence, induisent tant de comportements irrationnels.
Le mot prud’homme signifiait à l’origine « homme prudent ». C’était un professionnel considéré comme de bon conseil à l’époque.
Il nous faut donc ne pas trop nous éloigner du sens originel. Il nous faut nous méfier de ces médiatisations à outrance, de la manipulation des masses qui font appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion. Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle et donc le sens critique des individus.
Noam Chomsky : « l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des peurs, des pulsions ou des comportements… »
Bref, rendre la justice dans ces conditions, n’est pas chose facile car la justice ne peut se passer de sérénité et de réflexion. En ce début d’année, je souhaite que l’on puisse aimer nos entreprises. Ne pas les aimer seulement lorsqu’elles sont mortes mais bien lorsqu’elles sont vivantes et, faire en sorte que nous ayons présent à l’esprit le sens de la mesure en toute chose.
Nous ne sommes pas ici pour défendre l’indéfendable mais plutôt pour préserver dans le respect de tous, des équilibres économiques qui peuvent être facilement rompus avec l’inflation des demandes pas toujours justifiées juridiquement.

Sans entreprise il ne saurait y avoir d’emplois et de richesses, sans richesses pas de partage et sans partage, point de paix sociale.

Marie-Claire DUPRAT, Vice-présidente du Conseil des Prud’hommes de Mont de Marsan, pour le collège employeur.